INTERNET: Après les sites perso, blogs et podcasts, la télévision personnelle

Le nouveau service TVperso lancé par l’opérateur Free aujourd’hui, représente assez bien la nouvelle révolution qui s’opère en ce moment…

Il est possible de diffuser en différé (à la demande) mais aussi en direct (live), en public ou en privé (limité à un groupe d’utilisateur défini par exemple). Le tout se fait avec sa télécommande en branchant un caméscope directement sur la Freebox.

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Depuis des années, les sites perso se démocratisent… Après les premiers hébergeurs gratuits dans les années 90, la technique s’est adapté au grand public par l’utilisation de nouveaux langages plus simples à maitriser, des blogs faciles à installer, paramétrer et personnaliser, etc…

Cette démocratisation massive de l’information a permis à des millions d’internautes de prendre la parole, de devenir, non plus consommateur, mais aussi producteur et diffuseur d’informations… Avec TVperso, cette liberté s’étend au milieu de la TV, et permet d’atteindre un nouveau public…

Allez expliquer à votre grand-mère comment encoder et envoyer une vidéo sur YouTube pour la diffuser sur Internet… Premier obstacle : L’ordinateur n’est pas un outil facile à prendre en main pour tout le monde. Par ailleurs, en fonction de la puissance de l’ordinateur, des codecs installés, de la connectique utilisée pour la caméra, etc… ce n’est pas forcément ‘simple’ de manipuler des contenus vidéos et de les diffuser. Et au final, le spectateur souffrira d’une qualité dégradée, et d’un confort ‘informatique’, pas vraiment adapté par rapport à nos habitudes (dans un fauteuil devant sa TV).

En apportant le media de diffusion et le matériel nécessaire directement sur la TV, le tout complètement pilotable à la télécommande, et donnant accès à des services interactifs qui permettent de dialoguer, noter et organiser les contenus du bout des doigts, non seulement on franchit une barrière ergonomique, mais on frôle la révolution sociale, puisqu’en quelques clics, un banal ‘telespectateur’ peut devenir acteur d’un media d’envergure national.

Lisez ce qu’en dit Jean-Louis Missika :

EXPLORER LES FUTURS DE L’AUDIOVISUEL

On appellera cela comme on voudra, «TV perso», «télés libres», «TV 2.0», ou, si l’on veut être précis, «partage de contenus vidéo sur le téléviseur».
Chacun décrira le service comme il pourra, «le décodeur devient un encodeur», «le récepteur se transforme en émetteur», «la frontière entre téléviseur et ordinateur n’existe plus», «celui qui regarde n’est plus soumis à celui qui édite», ou même «faites votre télé vous- même».
Comme toutes les innovations importantes, ce nouveau service audiovisuel de Free va susciter de multiples commentaires et interprétations.
Un dispositif où l’on peut éditer un contenu vidéo, choisir le groupe de personnes qui est autorisé à le regarder, classer, noter, recommander, vendre et même censurer des contenus – tout cela de chez soi et sur son téléviseur – nécessite un temps d’apprentissage et d’appropriation par les abonnés.
Dans un an, on aura une idée un peu plus précise des nouveaux usages qu’aura générés «TV perso», mais dès aujourd’hui on peut se lancer dans un petit exercice de prospective.

QUELLE DIFFÉRENCE AVEC YOUTUBE ?
C’est la première question qui vient à l’esprit.
TV perso a toutes les apparences d’une plate forme de partage de contenus audiovisuels façon Youtube ou Daily Motion.
Cependant, on peut identifier trois différences essentielles qui font la nouveauté radicale de TV perso, et dont on peut penser qu’elles susciteront des pratiques, des comportements et des styles différents de ceux que l’on voit sur les plates formes de vidéo sur Internet.
Ces trois différences sont le téléviseur, le territoire et la communauté concernée.
A l’heure de la convergence et du triple play, diffuser une vidéo directement sur le téléviseur, via la Freebox, plutôt que sur Internet, via l’ordinateur, peut sembler une différence plus symbolique que réelle.
En l’occurrence c’est le symbole qui est essentiel.
Le téléviseur demeure le support naturel et historique de l’image animée, c’est lui qui donne ce qu’on pourrait appeler une «légitimité télévisuelle» au fichier numérique vidéo.
Il permet en outre, à ceux qui ne sont pas des natifs du numérique d’accéder aux «contenus auto produits» sans effort particulier, en utilisant leur télécommande.
On peut d’ores et déjà supposer que TV perso attirera des publics plus divers en âge et en goût culturel que les sites de partage de vidéos sur Internet, qu’il s’agisse des contributeurs ou des consommateurs.
Le territoire a aussi son importance.
Le service concerne la France métropolitaine, il se déploie sur un réseau «propriétaire», celui d’un opérateur de télécommunications français et cela a plusieurs conséquences.
D’une part, ce sont les lois de la République qui s’appliquent, et les contributeurs savent ou sauront que si les pseudos sont permis et même recommandés, ils n’autorisent pas l’anonymat et l’impunité.
Contrairement à un Internet «déterritorialisé», le nouveau dispositif permettra aux contributeurs l’apprentissage de la responsabilité éditoriale et du respect de la propriété intellectuelle.
C’est d’autant plus important que la responsabilité éditoriale individuelle semble inéluctable dans le nouveau monde numérique, et la prise de conscience que cette responsabilité comporte des droits mais aussi des devoirs doit avoir lieu le plus tôt possible.
D’autre part, la langue dominante sera, selon toute vraisemblance, le français, donnant une coloration linguistique et culturelle marquée au service.
Le fait que la communauté concernée soit infiniment plus restreinte que celle du cyberespace puisqu’elle se réduit aux abonnés de Free aura aussi des effets significatifs.
On a vu l’un d’entre eux, la dominance linguistique.
On peut en évoquer d’autres comme la cohérence culturelle liée non seulement à la taille du territoire, mais aussi aux spécificités socioculturelles de la communauté des abonnés à Free, différentes de celles des abonnés d’Orange ou de Neuf.
Enfin la petite taille de cette communauté, comparée à la communauté mondiale des internautes qui est la cible des Youtube ou Daily Motion devrait donner une offre de contenus à échelle humaine, sans le stress de l’hyper choix et du chaos, qui guette sur Internet.
On peut imaginer que la combinaison de ces trois caractéristiques – le téléviseur, le territoire, la communauté – pourrait déboucher sur des usages et des contenus différents de ceux des plate formes Internet.
En particulier, le contrôle d’accès et le système de recommandation devraient permettre la construction de petites communautés – famille élargie, groupes d’amis, groupes d’affinité par centres d’intérêt, associations, professions, petites communautés linguistiques, etc.
– regroupées autour d’une offre audiovisuelle partagée.

LA FRANCE À L’AVANT-GARDE DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE
Avec cette nouvelle initiative, le rythme de l’innovation numérique ne se dément pas en France.
Premier pays dans l’offre triple play, avec une des tarifications les moins chères du monde, en avance dans le haut débit, très en avance dans l’investissement dans la fibre optique, la France est très bien positionnée dans l’économie numérique.
Mais il ne suffit pas de disposer d’infrastructures et de réseaux à des tarifs raisonnables, encore faut-il prendre des risques et expérimenter en permanence de nouveaux services et de nouveaux usages pour bâtir la culture numérique qui doit accompagner et structurer cette nouvelle économie.

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Source : Freenews

A noter que ce service est malheureusement limité aux abonnés de Free, si vous voulez diffuser une émission ou un événement en direct pour un public plus large, il existe des services en ligne, avec différents niveaux de complexité et de fonctionnalités :
Gaspanik (français), Mogulus (pro), Ustream (simple), Kyte (mobile), BlogTV, Stickam, operator11, etc…

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