INTERNET: Internet et les médias en 2014

Robin Sloan et Matt Thompson ont réalisé une animation flash de 10 minutes pour présenter ce que pourraient être les grandes étapes de l’évolution des médias :
(il existe deux versions, la deuxième a été mise à  jour pour prendre en compte les derniers changements survenus sur le Net, à noter que la fin en est plus optimiste)

Regarder l’animation EPIC 2015 (en anglais, version 2)

Traduction en français de EPIC 2014 (merci à Bobby) :

(EPIC 2014 est aussi disponible en audio, merci Didier de Plaige)

Ce sont les meilleures années, ce sont les pires années.

En l’an 2014 les gens ont accès à une largeur et une profondeur d’information inimaginable à une époque antérieure.

Tout le monde y contribue d’une manière ou d’une autre.

Tout le monde participe à la création d’un mediascape qui vit et respire. Néanmoins, la Presse, telle que vous la connaissez, a cessé d’exister. Le pouvoir de la Presse s’est affaibli. Les organisations de Presse au 20ème siècle ne sont qu’une idée après-coup, les restes isolés d’un passé pas très éloigné.

La route vers 2014 commença au milieu du 20ème siècle.

En 1989, un chercheur en informatique, Tim Berners-Lee, au laboratoire des particules physique du CERN en Suisse, invente le World Wide Web.

1994 voit apparaître Amazon.com. Son jeune créateur rêve d’un magasin qui vend de tout. Le modèle Amazon, qui deviendra le standard pour les ventes en ligne, est basé sur des recommandation automatiques personnalisées – un magasin qui peut faire des suggestions.

En 1998, 2 programmeurs de Standford créaient Google. L’algorithme renvoie au langage d’Amazon, il traite les hyperliens comme des recommandations, et de là vient le moteur de recherche le plus puissant du monde.

En 1999, TiVo transforme la télévision en la débarrassant de la contrainte du temps – et de la publicité -. Rares sont ceux qui souhaitent s’en passer après l’avoir essayé.

Cette année, une start-up en point com nommée Pyra Labs, dévoile Blogger, un outil de publication personnel.

Friendster démarre en 2002 et des centaines de milliers de gens s’y ruent pour le peupler d’incroyable carte de leur vies, intérêt et réseaux sociaux. Aussi en 2002, Google lance GoogleNews, un portail de news. Les organisations de presse en pleurent. GoogleNews est entièrement géré par ordinateur.

En 2003, Google rachète Blogger. Les plans de Google sont mystérieux, mais. leur intérêt pour Blogger n’est pas sans raison.

2003 est l’année du Blog.

On se rappellera de 2004 comme l’année ou tout a commencé.

Reason Magazine envoie à ses abonnés un numéro avec la photo satellite de leur maison en couverture et un contenu sur mesure.

Sony et Philips dévoilent le premier papier électronique de grande production.

Google dévoile GMail, avec 1 GO d’espace libre pour chaque utilisateur.

Microsoft dévoile Newsbot, un filtreur de news social.

Amazon dévoile A9, un moteur de recherche basé sur la technologie de Google qui incorpore aussi le système de recommandation d’Amazon.

Et puis, Google entre en bourse.

Inondée de fonds, la compagnie fait une acquisition majeure. Google achète TiVo.

2005 – En réponse au récent changement chez Google, Microsoft achète Friendster.

2006 – Google combine tous ses services – TiVo, Blogger, GMail, GoogleNews et toute sa recherche dans le Google Grid, une plate-forme universelle qui fournit fonctionnellement un espace de stockage et une bande passante illimitée pour stocker et partager des médias de toute sorte. toujours en ligne, accessible de n’importe où. Chaque utilisateur choisit son niveau d’intimité. On peut stocker son contenu de façon sécurisée sur Google Grid, ou le publier pour le montrer à tout le monde. Cela n’a jamais été aussi facile pour qui que ce fût, pour tout le monde, de créer et consommer du média.

2007 – Microsoft répond au défi de Google avec Newsbotster, un réseau social de news et une plate-forme de journalisme. Newsbotster valorise et classe les news. d’après ce que les amis et collègues de l’utilisateur lisent et voient, et permet à tout le monde de commenter ce qu’il voit.

L’ePaper de Sony est moins cher que le vrai papier cette année. C’est le support de choix pour Newsbotster.

2008 voit arriver l’alliance qui défiera les ambitions de Microsoft. Google et Amazon joignent leurs forces pour former Googlezon. Google fournit la technologie de Google Grid celle inégalée de la recherche. Amazon fournit le moteur de recommandation social et son énorme infrastructure commerciale. Ensemble, ils utilisent leurs connaissances détaillées de tous les réseaux sociaux, démographie, habitude de consommation et intérêts pour fournir une customisation totale du contenu et de la publicité.

La guerre de l’actualité de l’année 2010 est notable par le fait qu’aucunes des organisations de presse actuelles n’y prennent part.

Googlezon fait finalement échec et mat à Microsoft avec des fonctionnalités que le géant du software ne peut égaler. Utilisant un nouvel algorithme, les ordinateurs de Googlezon construisent dynamiquement de nouvelles histoires, prélevant les phrases et les faits et les recombinant. L’ordinateur écrit une nouvelle histoire pour chaque utilisateur.

En 2011, la Presse endormie se réveile et prend position pour la 1ère et dernière fois. La New York Times Company poursuit Googlezon, clamant que le recoupement des faits effectués par les robots violent la loi du copyright. L’affaire va jusqu’à la Cour Suprême, laquelle décide le 4 Août 2011 de donner raison à Googlezon.

Le dimanche 9 Mars 2014, Googlezon révèle EPIC.

Bienvenu dans notre monde.

L’Evolving Personalized Information Construct est le système qui permet de filtrer, ordonner et délivrer notre mediascape chaotique et galopant.

Tout le monde participe maintenant – dès entrées de blogs, aux images de téléphones mobiles, aux reportages vidéos, aux investigations complètes. Beaucoup de gens sont payés aussi, un petit morceau des revenues immenses de Googlezon, proportionnel à la popularité du contributeur.

EPIC produit un contenu customisé pour chaque utilisateur, utilisant ses choix, ses habitudes de consommation, ses intérêts, sa démographie et son réseau social pour modeler le produit.

Une nouvelle génération d’éditeurs freelance est née, des gens qui vendent leur capacité connecter, filtrer et donner la priorité au contenu d’EPIC.

On souscrit tous à de nombreux éditeurs; EPIC nous permet de mélanger et retrouver leurs choix comme on le souhaite. Au mieux, édité pour les lecteurs les plus malins, EPIC est un résumé du monde – plus profond, plus large, plus nuancé que n’importe quoi disponible auparavant.

Mais au pire, et pour trop de gens, EPIC n’est que futilités.

Presque tout est faux, tout est restreint superficiel et sensationnel.

Mais EPIC est ce que l’on a voulu, ce qu’on a choisi, et son succès commercial a acquis par préemption tout débats par les médias et la démocratie concernant l’éthique du journalisme.

Aujourd’hui en 2014 le New York Times est hors ligne, en faible protestation à l’hégémonie de Googlezon.

Le Times est devenu une newsletter imprimée pour l’élite et les plus âgés.

Mais peut-être y avait il un autre moyen.